Vous n’avez sans doute jamais réalisé que lire, comme vous le faites en ce moment, ou comprendre ce que vous dit un interlocuteur demande à votre cerveau de réaliser des opérations très complexes, très rapidement.

Pour comprendre un texte écrit, plusieurs régions de votre cerveau s’activent pour décider si les suites de lettres forment des mots, si vous connaissez ces mots, et s’ils sont correctement assemblés pour former une phrase cohérente. Cela devient encore plus compliqué lorsque vous écoutez quelqu’un parler, puisque cette fois les mots s’enchainent très vite, sans véritable frontière entre eux comme c’est le cas avec les mots écrits qui sont séparés par des espaces. Alors comment notre cerveau fait-il pour identifier des mots dans le flux continu de parole ? Et une fois ces mots extraits, comment accède-t-on à leur sens ? Existe-t-il des régions du cerveau spécifiques au langage ou fait-il appel à un ensemble de régions plus variées ?

À travers des études en imagerie cérébrale, des chercheur.e.s en neurosciences d’ASLAN se donnent pour objectif de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau lors du traitement du langage chez l’adulte et chez l’enfant. Ils étudient par exemple comment le cerveau synchronise son activité sur le rythme de la parole, un peu comme on applaudirait au rythme d’un tambour, pour pouvoir découper le flux continu de parole en plus petites unités comme des syllabes et des mots. Une autre question qui anime nos chercheur.e.s est de caractériser les liens entre le langage et la motricité dans le cerveau. Pendant longtemps, on pensait que le langage impliquait quelques régions très précises du cerveau, mais on sait aujourd’hui, grâce à l’imagerie cérébrale, que d’autres régions, au départ spécialisées dans des fonctions différentes, sont également mises à contribution pour traiter le langage. C’est le cas des régions motrices du cerveau, qui vous permettent de réaliser des mouvements mais qui sont aussi activées si vous lisez simplement un mot qui évoque une action comme « dessiner ». Dans ce cadre, les chercheur.e.s d’ASLAN étudient par exemple comment le fait de solliciter les régions motrices du cerveau peut faciliter l’apprentissage d’une langue étrangère.