Il existe actuellement entre 6000 et 7000 langues parlées dans le monde. La moitié de celles-ci sont des « langues en danger » (LED), c’est-à-dire qu’elles e la langue sont surtout utilisées par la génération des parents et leurs ascendants et qu’elles ne se transmettent plus aux nouvelles générations.
Derrières ces langues, ce sont des hommes et des femmes qui, souvent, peuvent souffrir d’une situation économique, sociale et/ou politique qui met à mal leurs cultures. Le contexte de recherche en sur LED est donc spécifique, et difficile particulièrement complexe car les linguistes doivent décrire des langues en train de s’effacer, dans des situations humaines et émotionnelles qui questionnent leurs rôles et responsabilités. Comment les linguistes peuvent-ils accompagner les projets locaux de revitalisation initiés par ces communautés dont la langue est menacée, stigmatisée ou ignorée ?
Les chercheurs de l’équipe « Langues En Danger : Terrain – Documentation – Revitalisation » (LED-TDR) du laboratoire DDL travaillent sur des terrains variés. Ils participent à des projets d’accueil et de formation à la recherche de locuteurs, pour la documentation dans la langue de connaissances ancestrales. Un de ces projets concerne les techniques agricoles traditionnelles, en France (langue francoprovençale) ainsi qu’au Nicaragua (langue rama) où la préservation de ce savoir est essentielle pour l’autonomie et la survie de la communauté. Un autre projet consiste à participer, financièrement et scientifiquement, au site web Sorosoro, qui contribue à la préservation du patrimoine linguistique mondial.