À l'école, en entreprise, dans les services de santé, ou en famille, les troubles du langage constituent un véritable handicap social et suscitent de plus en plus d’interrogations au sein de notre société. Caractérisés par des difficultés à s’exprimer correctement et/ou à comprendre le langage oral ou écrit, ces troubles peuvent apparaître chez l’enfant au cours du développement, suite à des difficultés dans la mise en place de certaines structures cérébrales. Les troubles du langage peuvent également survenir suite à une lésion dans le cerveau provoquée par un accident vasculaire cérébral (AVC), un traumatisme crânien ou encore par une maladie neurodégénérative comme la maladie d’Alzheimer (on parle alors de troubles acquis).

Quelques chiffres

Environ 8 à 10 % de la population serait touchée par des troubles des apprentissages, également appelés troubles Dys. Les troubles de la lecture et de l’écriture (dyslexie) concerneraient 6 à 8% des enfants. Le nombre d’enfants touchés par des troubles du développement du langage oral (dysphasie) est quant à lui estimé à 2%. Dans près de 40% des cas, les troubles développementaux du langage sont associés à d’autres types de troubles des apprentissages, tels que des troubles spécifiques du développement moteur (dyspraxie, estimée à 5 à 7% chez les enfants de 5 à 11 ans), des troubles des activités numériques (dyscalculie, 3 à 7%) ou encore des troubles de l’attention (3 à 5%) (sources: INSERM, 2007, 2014 ; Fédération Française des Dys). Les troubles Dys persistent à l’âge adulte, même si s’ils peuvent être en partie améliorés et/ou compensés par la prise en charge.

Concernant les troubles acquis du langage, on estime à environ 300 000 le nombre de personnes aphasiques en France (sources : OMS, 1982 : 200 000 à 250 000 ; Fédération Nationale des Aphasiques de France, 2016). L’aphasie, qui survient dans 38 à 65% des cas d’AVC et dans 5% des cas de traumatismes crâniens, est une perte totale ou partielle du langage : les patients présentent des difficultés pour parler (articuler ou trouver ses mots) ou pour comprendre les propos d’autrui. Chaque année environ 30 000 personnes deviendraient aphasiques (source : Fédération Nationale des Aphasiques de France, 2016).

La linguistique impliquée

À travers des projets d'envergure nationale et internationale, nos chercheur.e.s sont amené.e.s à travailler avec des professionnels de santé et de l'enseignement. Les recommandations de nos chercheurs aident autant les personnes présentant des troubles du langage, les aidants que les professionnels dans leur travail.
Par exemple, dans le cadre du projet ETUDYS - pour l’accueil, l’intégration et l’accompagnement des étudiants dyslexiques à l’université -, les chercheur.e.s d’ASLAN, en collaboration avec la Mission Handicap de l’Université de Lyon, participent à la sensibilisation et à la formation du monde universitaire à la dyslexie afin d’améliorer les conditions d’apprentissage de ces étudiants.
D’autres recherches s’intéressent aux interactions des patients aphasiques avec leurs aidants, dans le but de maintenir la communication et la compréhension entre ces patients et leur entourage. Des travaux sont également menés sur les troubles du langage chez des patients migrants bilingues souffrant de la maladie d’Alzheimer afin d’élaborer des outils d’évaluation et de prise en charge adaptés.